Festival du Jeu Vidéo. Les chères formations du monde vidéoludique
3 octobre 2009 par Adrien Gaboulaud
Rubrique : culture -
Le temps des artisans est révolu : le jeu vidéo est une industrie. C’est aussi un marché pour de nombreuses écoles privées et quelques formations publiques qui promettent l’accès à une profession de passionnés.
Le marché des formations dédiées au jeu vidéo ressemble de prime abord à celui des écoles de commerce. Les écoles privées onéreuses y sont ultra-majoritaires et les rares formations publiques sont sélectives et valorisées. En outre, la discipline est neuve et l’évaluation de la pléthore d’écoles et de masters a longtemps été floue. Cette année, pour la première fois, le Syndicat national du jeu vidéo (SNJV) a publié une enquête qui, en distribuant bons et mauvais points, permet d’y voir plus clair.
Laure Casalini, responsable pédagogique à l’Institut supérieur de l’art digital (Isart), ne manque pas de souligner la troisième place de son établissement dans le classement établi par le SNJV. « Nous sommes la première école privée du classement« , se félicite-t-elle. A l’Isart, la formation dure trois ans, bien que le diplôme soit certifié bac +4. Selon Laure Casalini, l’insertion professionnelle à l’issu de la formation est excellente, « proche de 100%, grâce notamment au recours à l’alternance« . Un résultat qui a un prix élevé : environ 18 000 euros pour les trois ans.
« Je ne veux pas des hardcore gamers » – Le tarif est à peine moindre chez Créajeux -5500 euros par an-, une école privée de Nîmes classée quatrième dans l’enquête du SNJV. Eric Bonnet, directeur de l’école, a fondé son établissement en 2004, après avoir constaté que les formations dispensées par les écoles d’informatique plus généralistes n’étaient pas adaptées au secteur. Cet amateur de jeux vidéo estime que « la passion » est le principal critère de sélection. « Si quelqu’un veut gagner du fric, il faut qu’il fasse du marketing « , affirme-t-il. Toutefois, la passion ne suffit pas à Laure Casalini : « Je ne veux pas des hardcore gamers qui passent leur temps à jouer à World Of Warcraft, je veux des gens ouverts et possédant une certaine culture de l’industrie du jeu vidéo.«
Si les écoles semblent peuplées avant tout de garçons issus des sections scientifiques, la filière accueille volontiers des élèves d’horizons différents. La plupart des formations dédiées au jeu vidéo sont partagées entre la programmation, domaine des « matheux » et l’infographie, discipline plus ouverte aux sensibilités artistiques. Le marketing et le management sont également des pistes : Julien Rateau, élève de l’Institut international du multimédia (IIM) a suivi une spécialisation dans le domaine du jeu vidéo, comportant notamment une mise à niveau technique. « L’idée, c’est de ne pas être candide ou ignorant face à un programmeur lorsqu’on dirige une équipe« , explique-t-il.
A l’université Lumière Lyon 2, la formation Gamagora accueille des profils très variés. Adossée à une université de sciences humaines et soutenue par les industriels locaux du jeu vidéo, Gamagora est un mélange, « très recherché par les professionnels« , selon Gilles Levavasseur, coordinateur des formations. Et si le Diplôme d’université coûte 3200 euros, le master 2 « programmation et développement » n’est pas plus cher qu’une inscription normale à l’université.
A lire ailleurs :
Les résultats de l’enquête du Syndicat national du jeu vidéo (SNJV) sur la formation initiale.
Crédit photo : Adrien Gaboulaud




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